La place de l'entreprise sur l'échiquier économique

L’entreprise est le lieu où toutes celles et ceux qui ont la chance de travailler viennent gagner leur vie pour rester socialement ancrés.

Elle naît, le plus souvent, de l’initiative privée ; du courage des femmes et des hommes qui n’hésitent pas à s’exposer en devenant chef d’entreprise et qui y investissent leur argent, leur temps et leurs espoirs d’ascension sociale.

Créer une entreprise n’est pas l’acte le plus difficile à accomplir. Tout est fait pour qu’un capital de un euro, quelques signatures ou quelques clics en ligne fondent son acte de naissance.

Même si d’aucuns l’oublient trop souvent, l’entreprise est un pilier de l’économie. Elle crée des emplois et des échanges commerciaux qui génèrent de la richesse, dont une part significative est prélevée pour permettre aux gouvernements de mener leurs politiques.

À la fois intégrateur et amortisseur social ; elle est un véritable partenaire social, économique et financier pour l’État et pour les collectivités territoriales.

Elle n’occupe cependant pas la place qu’elle mériterait de se voir reconnue. La tendance serait d’ailleurs plutôt à se convaincre qu’une fois créée, l’entreprise privée tombe dans le domaine public et ne s’appartient plus. La voilà sitôt reléguée dans les statistiques, parmi les chiffres repris par ceux qui s’arrogent le monopole de parler d’elle sans jamais y avoir mis les pieds.

Sa place sur l’échiquier économique est réduite à la portion congrue ; reléguée à l’arrière-ban du mérite par le biais de froides logiques comptables.

Bien que sa vocation soit d’évoluer dans une économie de transactions, le système mis en place autour d’elle la confronte à des formes insolites de relations économiques :

  • Une économie du contrôle, incarnée par l’État et ses Administrations
  • Une économie de la fiscalité, incarnée par l’Administration fiscale et ses organismes privés chargés de mission de service public
  • Une économie de la taxation, incarnée par le Trésor Public
  • Une économie de la finance, incarnée par le système bancaire
  • Une économie de la rémunération, incarnée par la fiscalité des salaires
  • Une économie de la protection sociale, incarnée par la sécurité sociale à travers l’assurance-maladie

L’existence de ces formes d’économie ne saurait être déniée puisqu’elles ont toutes des exigences, une organisation, un enjeu et une finalité qui les différencie.

La complexité de ce système induit des effets pervers qui ont conduit des entreprises à se délocaliser ou à préférer se créer là où elles trouveraient de meilleures conditions. C’est profondément regrettable, surtout à l’heure où l’on ne cesse d’invoquer les enjeux de souveraineté nationale.

N’est-il pas temps de comprendre le rôle essentiel de l’entreprise et de lui reconnaître sa juste place sur un échiquier économique redessiné ?

La crise du covid-19 l’a amplement démontré. Les finances de l’État ne sont pas illimitées et sans les entreprises, c’est vers le citoyen qu’il se tournerait pour atténuer les déficits.

Il n’est pas certain que ce dernier apprécierait.