La gestion des risques, outil de prévention des faillites

Le risque de faillite fait partie de la vie économique de toute entreprise. Selon la Banque de France, 48 927 d’entre-elles en ont été victimes sur l’année 2019. La faillite emporte des conséquences.

Sur l’entreprise d’abord, qui se retrouve judiciairement exclue de la chaîne économique qu’elle formait avec ses parties prenantes. Sur son dirigeant ensuite dont la responsabilité personnelle peut, dans certains cas, être engagée pour combler le passif.

La cause la plus souvent invoquée est le non-respect des délais de paiement. Conscient que les recettes fiscales s’envolent avec les entreprises qui meurent l’Etat a fait voter la loi Macron du 06 août 2015, qui a instauré le délai comminatoire de paiement à 60 jours, pour protéger les entreprises contre leurs clients mauvais payeurs.

Le risque de faillite n’est pas exclusif de la perturbation du cycle ventes/encaissements. Il peut également être généré par les décisions prises au sein d’autres fonctions de l’Organisation, par des managers non conscients des impacts qui peuvent résulter de certaines de leurs décisions comme de certaines de leurs omissions :

  • Direction : Fautes de gestion - Croissance non maîtrisée - Incapacité à anticiper l’évolution du marché
  • Commercial : Perte d’un avantage concurrentiel – Dépendance économique
  • Finances : Redressement fiscal
  • RH : Contentieux prud’homal
  • Sûreté : Cyber malveillance - Fraude interne ou externe – Malveillance
  • Sécurité : Accident du travail mortel
  • Services Généraux : Risques assurables non assurés

Tous ces risques se caractérisent par la sévérité de leurs impacts financiers sur la trésorerie de l’Organisation, et constituent le référentiel des menaces que l’entreprise doit absolument maîtriser pour se protéger du risque de faillite.

En cas d’occurrence de l’un d’entre eux, l’Organisation sera confrontée à des difficultés de trésorerie à court terme qui l’empêcheront de régler son passif exigible avec ses actifs disponibles. La frilosité des banques, souvent réticentes à accorder des crédits aux entreprises, constituera une difficulté supplémentaire. Les retards de paiement vont s’enchaîner et la liste des créanciers va s’allonger jusqu’à ce que le tribunal de commerce constate la cessation de paiement ou prononce sa liquidation.

Souvent négligée l’évaluation des risques constitue un excellent outil d’opportunité qui permet, même aux non spécialistes, de mesurer :

  • La sensibilité de l’Organisation aux enjeux de la faillite
  • Sa capacité à comprendre et analyser son exposition aux vecteurs du risque
  • Sa capacité à analyser régulièrement sa situation économique

C’est à travers ce type de questionnement qu’ils pourront percevoir la menace et y répondre, afin que l’entreprise ne figure pas dans les prochaines statistiques de la Banque de France.